"Enfants, jeunes et adultes : Comment mieux communiquer ?" - Retour sur le Colloque 2026
"Une rencontre entre actrices et acteurs de l’éducation" Le mardi 27 janvier 2026, l’espace Salvador Allende de Palaiseau a accueilli le colloque annuel de l’Aroéven de l’Académie de Versailles, intitulé « Enfants, jeunes et adultes : comment mieux communiquer ? ». Cet évènement a représenté un moment de réflexion collectif entre professionnel.le.s de l’éducation, partenaires institutionnels et représentants associatifs, où prendre le temps d’échanger, de questionner et de se motiver est devenu une nécessité.Cette journée fut l’occasion de proposer des réflexions sur la communication, visant l’apprentissage de la vie sociale sur la base du respect de chacune et chacun, sous le prisme scolaire, périscolaire, extrascolaire, incluant la place des parents dans et avec les institutions. Les échanges, parfois divergents, convergents toutefois vers l’importance de la prise en compte des individualités. La matinée a offert un éclairage sur l’évolution de la relation éducative à l’école, présenté par Vincent Cano, Inspecteur Pédagogique Régional (IPR) de l’Académie de Versailles. Son intervention a mis en lumière l’idée selon laquelle il existait (existe ?) un « dressage » de l’enfant avec une discipline et des normes strictes à inculquer, faisant référence à « l’obéissance ».« Dresser pour être conforme »Aujourd’hui, la société est plutôt centrée sur la personnalité de l’enfant et son développement propre. Monsieur Cano, a montré qu’au fil du temps, les pratiques éducatives ont, et continuent, d’évoluer. Il existe désormais un changement éducatif progressif entre bienveillance et contrôle dans la relation entre enseignants et élèves. S’en est suivi une table ronde consacrée à « La posture de l’Adulte au cœur de la communication entre enfant, jeune et adulte ». En ouverture, Thomas Barbier, ancien élu au CVL et CAVL, aujourd’hui étudiant et animateur BAFA, a témoigné de l’influence, positive et négative, qu’on put avoir les chef.fe.s d’établissement dans l’autonomie et l’engagement des jeunes au lycée. Il est aussi revenu sur le passage d’enfant à adulte, en observant la transmission par mimétisme dans sa pratique professionnelle actuelle.Sébastien Le Cresseveur, responsable de structures périscolaires, de séjours de vacances et formateur BAFA, a rappelé la relation privilégiée entre enfants et animateur.rices lors des temps périscolaires. Ce temps, hors apprentissage, offre aux enfants plus de liberté pour s’exprimer et partager leurs émotions.Par ailleurs, le BAFA met l’accent sur la communication bienveillante et la sécurité émotionnelle des enfants. Il a également souligné l’importance du dialogue entre les services périscolaires, l’école et les parents.A ce sujet, Jean-Luc Elice, principal de collège, travaille à la construction d’une relation de confiance étroite avec les parents, sous le principe des 3R :Respect, Responsabilité partagée et RéussiteAu Collège Camille Claudel à Saint-Pierre-du-Perray (91) les parents, comme les jeunes, peuvent devenir ambassadeurs de lutte contre le harcèlement scolaire. Anissa Hassnaoui, mère et ambassadrice, témoigne de son vécu face aux inquiétudes éprouvées à l’entrée au collège de ses enfants. Son intégration au sein de l’établissement, en tant qu’actrice à part entière, lui a permis d’appréhender plus sereinement sa compréhension du système scolaire et in-fine d’assurer une cohérence éducative entre l’école et la maison.Lors de cette table ronde, Vincent Chalumeau, ancien enseignant du second degré, responsable et enseignant en Master MEEF, a mis en évidence la relation à la fois symétrique et asymétrique, entre un enseignant et un élève. Selon lui, la communication est un apprentissage qui doit se réaliser dans le respect et dans la garantie de la sécurité physique et émotionnelle des enfants. L’adulte étant le garant de ce cadre, son influence est d’autant plus grande.Enfin, La Pédagogie Institutionnelle (PI) est venue illustrer les propos précédents. Raphaël Eon directeur d’une école primaire à Angers et représentant de l’Association VPI - Fernand Oury précise que la PI est une pédagogie « qui institut », ce n’est pas la pédagogie de l’Education Nationale. Le « conseil » est un espace de régulation, de parole et de décision, au sein duquel les enfants partagent des responsabilités. Celui-ci et plus largement la PI, permet un éclairage sur la distinction entre le rôle, la fonction et le statut des adultes ; distinction essentielle à une relation éducative émancipatrice.En définitive, les échanges ont mis en évidence l’influence exercée par un adulte sur le développement de l’enfant et sur son parcours tant professionnel, scolaire, que personnel (développement de l’estime de soi, capacité à communiquer…). Au-delà des temps de plénières, ce colloque invite à la rencontre. Il a ouvert aux débats, aux questionnements et aux affirmations. Pour introduire les temps d’échange de l’après-midi, les participants.es ont pu s’exprimer en répondant à la question suivante : « En un mot, comment favoriser la communication entre un enfant, un jeune et un adulte ? »« Dans un monde qui va toujours plus vite, prenons-nous vraiment le temps de s’écouter ? ».C’est sur cette nouvelle question qu’ont démarré les six ateliers de réflexion. En petits effectifs d’une douzaine de personnes en moyenne, chaque personne a pu s’exprimer et apporter au collectif des pensées et remarques faisant grandir la richesse de ces ateliers. Par le biais de jeux, d’expérimentation ou encore de partage de pratique, ces temps d’échange ont fait émerger des outils et des perspectives de nouvelles pratiques professionnelles favorisant une meilleure communication.Pédagogie institutionnelle en école primaire, et en lycée.La posture professionnelle et médiation en milieu périscolaire.Les conseils de classes participatifs.La place des parents dans la relation éducative.Le développement des compétences psychosociales par le jeu.Des suites de ces ateliers, une foire aux questions (FAQ) est à retrouver sur notre site internet en bas de page. En somme, collectivement, nous avons fait un petit pas de côté pour tenter de regarder la communication entre les enfants, les jeunes et les adultes, telle qu’elle est aujourd’hui. Partant de ce regard, le colloque a invité à trouver de nouvelles manières de relationner, et ce dans le but de grandir ensemble vers une société plus solidaire.« Je garde un très bon souvenir de ce moment de réflexion collective. Je le trouve plein d’optimisme. »Le groupe de travail du colloque de l’Aroéven de l’Académie de Versailles